L’entrepreneuriat au féminin s’impose en France et dans le monde. Delphine Remy Boutang y prend une part active avec La Journée de la Femme Digitale : un rendez-vous qui réunit des femmes désireuses d’entreprendre autour d’acteurs de l’entreprise et du digital. L’édition 2018 à la Maison de la Radio était placée sous le signe de l’action : un élan qui me parle tout particulièrement à l’heure où j’écris ces lignes. A l’issue des lives visionnés sur Facebook, j’ai cru un peu plus fort encore au projet qui mûrit dans mon esprit depuis quelques semaines. J’ai réalisé aussi que j’avais sous-estimé l’impact du genre dans l’aventure entrepreneuriale. Une étude menée conjointement par Capgemini Consulting et La French Tech a révélé que les hommes levaient beaucoup plus de fonds que les femmes dans la phase de lancement d’un projet. Pas parce que les investisseurs ne font pas confiance aux femmes, mais parce qu’elles demandent moins pour réaliser leurs projets. Ce n’est qu’un exemple d’inégalité parmi d’autres.

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JFD

5 clés apportées aux entrepreneures à La journée de la Femme Digitale

  • Se former

82% des femmes entrepreneures sont autodidactes. Lorsqu’on sait que plus de 2/3 des femmes nourrissent le désir de créer une entreprise un jour, le champ des possibles est vaste en matière de formation. Il faut appréhender le mentoring ou les organismes de formation comme des leviers pour gagner en confiance: une donnée qui fait plus souvent défaut chez les femmes entrepreneurs que chez les entrepreneurs masculins.

Après avoir été encouragée à tout quitter pour se réaliser, une nouvelle génération de femmes souhaite développer des projets innovants au sein même des entreprises qui les salarient. On les appelle les intrapreneures. D’autres profils souhaiteraient se lancer parallèlement à leur activité où elle s’épanouissent aussi. Les entreprises doivent donc s’atteler à un nouveau défi : accompagner l’intrapreneuriat avec des plans de formation ad hoc.

  • Oser lever des fonds

Etude Capgemini Consulting & French Tech – 67% des femmes déclarent privilégier d’autres types de financement que la levée de fonds. 75% font appel à l’apport personnel.

Pour lancer sa start-up, sortir un produit, concrétiser une idée, il existe des investisseurs prêts à mettre de l’argent sur la table. Les entrepreneurs hommes se servent majoritairement de ce levier pour leurs projets. Moins dans la performance, les femmes sollicitent peu la levée de fonds. Elles se concentreraient davantage sur la pérennité de l’entreprise. Sans réseau et sans ressource, la co-fondatrice d’Afrimarket Rania Belkahia a choisi de lever des fonds pour lancer son affaire. Il faut savoir se montrer persévérant pour convaincre. Elle en est la parfaite illustration. Rania Belkahia n’a pas hésité à harceler Xavier Niel et autres business angels pour se faire entendre.

Les talks inspirants se sont succédés à La Journée de la Femme Digitale. Le manager partner Benoist Grossman de la société d’investissement Idinvest Partners a partagé quelques critères pour retenir l’attention d’un investisseur :

– L’existence du marché pour le produit proposé

– Une complémentarité à la tête de l’équipe dirigeante

– Flexibilité et réalisme

  • Bien s’entourer : être coaché, accompagné

Quel que soit son parcours, il est bon d’être guidé par des experts dans les domaines où l’on est moins performant pour optimiser ses compétences. Les femmes ont souvent tendant tendance à penser qu’elles ne sont pas à la hauteur. Elles ne s’estiment pas toujours légitimes. Etre accompagnée permet donc de gagner en confiance au fil du temps.

Aller à la rencontre des autres avec son projet serait bénéfique pour l’améliorer. L’idée pré-conçue qui exhorte à surtout pas en parler avant le lancement serait contreproductive. En demandant à son entourage proche puis aux membres d’une communauté un avis, on recueille des données précieuses sur l’accueil futur du produit.

  • Ne pas trop attendre pour se lancer

Plusieurs intervenants ont conseillé de ne pas attendre d’avoir coché toutes les cases pour se lancer. La CEO de Frichti s’est lancée en 3 mois et ne le regrette pas. A trop attendre on ne se lance pas ou mal. Il faut croire en son projet, avoir confiance en soi et oser. L’équipe de Switch Collective a coutume de demander à ceux qu’ils accompagnent ce qu’ils ont à perdre à se lancer. Et au pire? Il se passera quoi? Il y a souvent plus à gagner à oser se lancer qu’à perdre. Déclic.

Et au pire?

La femme entrepreneure se pénalise souvent par un déficit de confiance en soi. Elle souffre davantage du syndrome de la bonne élève, déclarait Karine Augoyat de Capgemini Consulting. Elles sont nombreuses à penser devoir être coachées pour se lancer. Les entrepreneures s’associent plus que les entrepreneurs masculins à des collaborateurs avec des compétences complémentaires. Elles ont le sentiment de devoir compléter leur formation et se mettent plus de pression. Il faut croire en sa légitimité.

  • Bien s’associer

Il est essentiel de bien s’associer au départ. Etre complémentaire et bien s’entendre c’est une chose, partager des valeurs communes en est une autre. Alix de Sagazan d’AB Tasty (entreprise de software qui améliore l’expérience utilisateur sur le web et sur mobile) expliquait combien l’expérience est bien plus simple, plus fluide.

Avec plus de 600 clients dans le monde, dont le groupe L’Oréal, le tandem qu’elle forme avec son associé à AB Tasty soulève des montagnes avec leurs équipes. Ce n’était pas gagné d’avance. Elle aussi a manqué de confiance en elle. Aujourd’hui elle s’engage pour que les managers femmes de son entreprise cessent de se dévaloriser.

5 références pour grandir en tant qu’entrepreneure

Je m’intéresse à l’entrepreneuriat depuis le lancement de My Trendy Agency: notre petite agence parisienne de content marketing corrélée au blog. Je suis plus en alerte encore depuis que l’idée de produit que Charles & moi avons l’intention de lancer sur le marché prend forme. Nous sommes au tout début du processus. Brainstorming avec notre jeune designer, rencontre avec les artisans, prise de renseignement sur les modes de financement. J’étudie la faisabilité du projet avant de le soumettre aux personnes de mon entourage. J’ai la chance de pouvoir être conseillée par un oncle qui a fait des études de commerce, des amis qui évoluent dans le monde de l’entrepreneuriat. Leur avis sera des plus objectifs. Hâte de leur en dire plus! Les infos recueillies lors des talks à la Journée de la Femme Digitale me seront précieux.

Si vous aussi vous avez une projet qui vous titille, voici 5 références qui ont retenu mon attention ces dernières semaines :

J’ai découvert un magazine business féminin international passionnant sur le web. La journaliste Véronique Forge fondatrice et directrice éditoriale de Business O féminin propose avec son équipe une newsletter hebdomadaire, des articles en ligne et des podcasts pour donner des clés de réussite aux femmes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ou tout simplement changer de vie. Coup de coeur!

On a toutes rêvé d’une formation digitale pour apprendre à réaliser une étude de marché, monter son business plan, fixer ses prix. Ma boîte l’a fait! Lancement en avant-première à La Journée de la Femme Digitale du 17 avril. Nous devons cette nouvelle plateforme d’e-learning pensée pour les « entrepreneuses » désireuses de créer leur entreprise au travail conjoint de l’association Force femmes qui accompagne les quadras de plus de 45 ans et de Coca-Cola France qui oeuvre pour le développement professionnel des femmes en interne et en externe.

Il est question d’empowerment ici. Des cycles de formation aident les personnes en quête de reconversion à switcher. Faire le bilan, rencontrer et échanger avec des personnes dans la même situation, trouver des clés pour se lancer… Switch Collective accompagne les personnes dans cette démarche. Une première expérience sur 1 semaine est offerte pour mettre le pied à l’étrier.

Un club de femmes ambitieuses animées par le désir d’entreprendre se réunit régulièrement pour trouver l’inspiration, en distribuer, réseauter. La fondatrice et directrice Esther Gueye cultive les valeurs d’entraide, de partage et de soutien héritées de sa mère. Trois formules d’abonnement sont proposées pour adhérer au club. L’event à l’appartement Sezane partagé par la directrice artistique @exochicparis rencontrée sur Instagram a retenu toute mon attention. Il se pourrait que je rejoigne le club d’ici peu …

La fondatrice du Women’s Forum se livre sans filtre sur ses succès et ses échecs. Dans la vie on apprend beaucoup de ses erreurs. Nelson Mandela disait « Je ne perds jamais. Sois je gagne, sois j’avance ». Aude Thuin illustre parfaitement cette citation. Elle est devenue une autre femme à la suite d’épreuves qui l’ont profondément marquée. Un livre à lire lorsqu’on croit toucher le fond pour rebondir. Pas seulement. Ce parcours de femme partage des leçons de vie susceptibles de faire grandir chacune de nous.

Un grand merci à La Journée de la Femme Digitale pour toutes ces pistes. Les idées fusent pour le lancement de notre produit de design et de fabrication française. Si on réussit notre pari, j’ai très envie de m’investir dans une cause qui me tient à coeur. Même si le projet devait rester dans les cartons, je m’investirai. Autrement, mais malgré tout. Vouloir donner un sens à sa vie » est l’une des raisons majeures avancées par les entrepreneures du XXIe siècle. Work in progress. Je me sens pousser des ailes … On se donne RV à la Journée de la Femme digitale 2019?


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La redoute

Je vous invite à prendre part au mouvement de la chemise banche initié par Delphine Remy Boutang. Belle réponse apportée à une couverture du magazine Capital avec 11 hommes en chemise blanche censés illustrer la start-up nation. Pas une femme sur la photo. Un cliché réunissant des entrepreneures a été réalisé dans le même esprit chez Challenges. Un symbole est né. Nathalie Balla de La Redoute & JFD ont lancé une ligne de chemises blanches personnalisables illustrant l’empowerment féminin. J’ai choisi #bebold à broder sur ma manche. Et vous, quel verbe d’action choisirez-vous?

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8 thoughts on “La Journée de la Femme Digitale m’a donné des ailes”

  1. oh oui tu donnes des ailes et des idées!
    c’est une vraie mine d’or que tu nous livres ici, déjà tant de conseils qui résonnent en moi et qui semblent tomber à pic…
    merci beaucoup pour ce partage des plus intéressants et si bien écrit 😉

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