Étiquette : CINEMA

Someone you love: un film folk

A l’image d’une chanson folk, Someone you love nous raconte une histoire tout en mélodie… La musique pourrait être hissée au rang de personnage tant elle se fond dans ce qui nous est conté. Persille Fischer Christensen nous offre là un joli drame nordique autour d’un homme blessé.

Thomas Jacob magistralement interprété par le charismatique Mikael Persbrandt a toute sa vie comblé le vide qui l’habitait avec les femmes, l’alcool et la drogue. Les femmes, il en a épousé plusieurs, l’alcool est un héritage familial et la drogue, un terrain miné qui l’a aidé à se sentir vivant un temps. Le bilan n’est pas bien réjouissant. Ses chansons l’ont hissé au sommet de la gloire, mais la solitude demeure la fidèle compagne de sa célébrité. L’une des femmes qu’il a croisé dans sa vie lui a donné une fille, Julie, qu’il ne désirait pas. Lui à Los Angeles, elle au Danemark, elle a grandi loin de lui dans la rancune et l’incompréhension. L’indifférence de ce père qu’elle côtoie peu est vécu comme une cruelle souffrance.

La productrice et amie de Thomas Jacob le ramène au Damenark pour l’enregistrement de son prochain album. Julie en profitera pour lui présenter Noa, son petit-fils qu’il ne connaît pas encore. Thomas sera amené à passer du temps avec lui et se laissera apprivoiser. Ce garçon va lui offrir l’opportunité de se tourner vers quelqu’un d’autre que lui-même et une complicité autour de la musique va naître. Un événement perturbera cette phase de présentation pour plonger Thomas dans ses tourments latents. Les vieux réflexes qui mettent les autres à distance refont vite surface mais la donne à changé… Un mot me vient à l’esprit: sincérité. La distribution est remarquable et le propos bouleversant.

Je vous invite à aller voir Someone you love pour débuter l’année cinématographique avec la manière. Ce film danois est sans aucun doute mon premier coup de cœur de l’année.

La bande-annonce

 


Sorti en salle le 21 janvier 2015

3 films à voir au cinéma cette semaine

Parmi les sorties cinéma de cette semaine, trois films ont retenu mon attention: Someone you love, un film danois réalisé par Pernille Fisher Christensen, Listen up Philip réalisé par Alex Ross Perry et un film de Scorcese sorti il y a 20 ans, Le temps de l’innocence.

Someone you love

En visionnant les bandes-annonces des sorties cinéma de la semaine, celle de Someone you love m’a semblé prometteuse. Ce film danois raconte le retour au Danemark d’un chanteur au parcours compliqué installé à Los Angeles. Son retour le mettra face à ses échecs: une relation difficile avec une fille qui aura grandi sans lui, par exemple. Sa rencontre avec son petit-fils devrait bouleverser sa réalité. Verdict mercredi.

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Listen up Philip

Rarement déçue par les films sélectionnés au festival de Sundance, je suis curieuse de découvrir Listen up Philip réalisé par Alex Ross Perry. Cette comédie dramatique raconte l’histoire d’un écrivain new yorkais tourmenté à la sortie de son deuxième roman.

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Le temps de l’innocence

Scorcese s’est penché ici sur la haute société new yorkaise de la fin du XIXème via le portrait d’un homme partagé entre deux femmes et deux mondes. Le film s’inspire du roman éponyme d’Edith Wharton qui avait reçu le prix Pulitzer dans les annés 20. On retrouve en tête d’affiche Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder primée pour son second rôle aux Golden Globes et aux Oscars en 1994.

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Gone Girl: le thriller attendu de David Fincher

Adaptation du best-seller américain Les apparences de Gillian Flynn, Gone Girl s’inscrit dans la lignée des thrillers réussis de David Fincher. On se souvient de Seven avec Brad Pitt et Morgan Freeman, de Panic Room avec Jodie Foster ou encore du succès de Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, avec Craig David et Rooney Mara. On se souviendra à n’en pas douter de Gone Girl avec Ben Affleck et Rosamund Pike.

Apparences trompeuses

Nick Dunne tombe follement amoureux d’Amy, une New-Yorkaise riche et célèbre. Mise sous les feux des projecteurs dès son plus jeune âge par ses parents, la vie de l’incroyable Amy est devenue une saga suivie et appréciée des Américains à laquelle Nick prendra désormais part. Le couple idéal se marie et fête chaque anniversaire de mariage avec un présent en lien direct avec le thème de l’anniversaire. La première année, le couple en totale harmonie s’est offert une parure de draps pour leurs noces de coton, un clin d’oeil à leurs ébats fougueux.

Le film débute le jour de leur cinquième anniversaire de mariage. Nick fait une halte dans le bar tenu par sa soeur, on le sent amer. A son retour chez lui, Amy est absente. Il la cherche jusqu’à ce qu’il tombe sur une table en verre brisée. Cet élément l’inquiète, Amy a peut être été agressée. Une chose est sûre à cet instant: elle a disparu. Il appelle la police qui prend les choses en main sans tarder, tout est mis en oeuvre pour la retrouver. Est-elle morte, l’a-t-on enlevée, est-elle partie? Sans message des ravisseurs et sans corps, difficile d’expliquer la cause de sa disparition…

Rosamund Pike est magistrale face à Ben Affleck. Les deux protagonistes nous entraînent dans une spirale à rebondissements infernale. Si vous n’avez pas encore lu Les apparences, commencez donc par le film pour préserver le suspense, les surprises et garder vos émotions intactes. C’est Gillian Flynn herself qui s’est attelée au scénario, son histoire n’a donc pas été altérée par une autre vision que la sienne. Courez voir Gone girl! Vous ne serez pas déçus.

La bande-annonce


Sorti en salle le 8 octobre 2014

Get on up célèbre James Brown

Le réalisateur de La couleur des sentiments Tate Taylor a réussi un tour de maître avec ce biopic co-produit par Mick Jagger. Il retrace la vie de James Brown de l’enfance aux sommets de sa carrière. Chadwick Boseman interprète magistralement celui que l’on surnommait Mr Dynamite. Précurseur, performer, James Brown est un artiste qui aura profondément marqué son époque et dont l’influence ne cesser de rayonner sur la musique.

Le parcours de l’homme

James Brown naît au sein d’une famille très pauvre en Caroline du sud. Ses parents ont des difficultés à le nourrir, son père bat sa mère qui finira par s’en aller alors qu’il est tout jeune. Son père l’abandonnera à son tour et il devra défoncer les portes une à une pour s’en sortir. Il connaîtra la prison après un cambriolage et son destin basculera après une rencontre, sa rencontre avec Bobby Bird alors chanteur de gospel. Ensemble, ils vivront l’aventure R’NB des « Famous flames » avant le lancement de sa carrière solo. Doté d’un sens du rythme inné, d’une véritable vision, d’une volonté de fer, il lancera un nouveau courant musical qui inspirera les générations suivantes: le funk. Ses pas de danse influenceront Michael Jackson himself et sa musique figure aujourd’hui parmi les plus samplées. Figure respectée dans la communauté noire, son aura retentira à l’époque de la ségrégation. Son talent dépassera ces frontières et le public adhérera à sa musique, son style, son énergie partout dans le monde. L’homme est complexe, à la fois meurtri, seul, dur, solaire, visionnaire…

Le casting est à la hauteur du projet. Viola Davis, Jill Scott, Nelsan Ellis, Dan Aykroyd, Octavia Spencer, Lennie James… interprètent mère, épouse, ami fidèle, manager, tante, père avec brio. Les mélomanes apprécieront le voyage et ceux qui ne connaissent pas bien l’œuvre de James Brown seront portés par son histoire. Un conseil: allez voir Get on up!

Bande-annonce


Sorti en salle le 24 septembre 2014

Bertrand Bonello dévoile Saint-Laurent côté ombre

Sélectionné au Festival de Cannes, le dernier film consacré à Yves Saint-Laurent écrit et réalisé par Bertrand Bonello est sorti dans les salles le 24 septembre dernier. Il s’est lancé depuis dans la course pour les Oscars, catégorie meilleur film étranger pour la France. Dans ce biopic sur Saint-Laurent, l’accent est mis sur une décennie à partir de 1967. Yves Saint-Laurent est déjà célèbre et le public est embarqué dans le tourbillon de sa vie rythmée par le travail, le sexe et la drogue.

Yves Saint-Laurent côté ombre

Connaître quelques éléments-clés de la vie d’Yves Saint-Laurent aide à comprendre quelques subtilités du film. Montré ici fragile, brutal, déboussolé, Yves Saint-Laurent semble prisonnier très tôt d’une vie qu’il aurait voulu vivre autrement. On assiste à sa rencontre avec Betty Catroux et Loulou de la Falaise, muse et amie fidèle qui l’accompagneront dans ses hauts et ses bas. On découvre un Pierre Bergé garde-fou dans la vie, essayant de le sauver de lui-même et visionnaire dans les affaires. Il le mènera au sommet de la Haute couture et dans les bas fonds de la dépression en éloignant de lui Jacques de Bascher, amant de Karl Lagerferld dont Saint-Laurent sera fortement épris. Les rôles masculins sont saisissants dans ce biopic. L’interprétation de Gaspard Ulliel dans cette longue transe étourdit quand celle d’Helmut Berger questionne sur la fin de vie de Saint-Laurent. Il nous font toucher du doigt l’immense solitude de l’homme. Le personnage omniprésent de Jacques interprété par Louis Garrel éclipse celui de Pierre Berger, son compagnon officiel joué très justement par Jérémie Renier. L’histoire est jalonnée d’images d’archives pour mieux s’imprégner de l’époque: la guerre du Vietnam, mai 68… Bonello nous fait avancer, reculer, prendre des tangentes, comme pour nous faire expérimenter l’ivresse de Saint-Laurent.

Bande-annonce


Sorti en salle le 24 septembre 2014