Marlène c’est la blogueuse talentueuse, créative et attachante qui se cache derrière le blog La Girafe qui Vole. Petite pépite de la blogosphère voyage, elle se passionne pour l’Afrique: continent (à tort) délaissé par les travel bloggers. Premiers échanges sur Instagram au hasard du hashtag #AfriqueduSud: pays en bonne position sur la liste de mes envies. Vous commencez à savoir comment je fonctionne: avant de partir vers une destination rêvée, j’aime glaner des conseils d’insiders et de voyageurs en amont, recueillir des adresses authentiques, échanger avec des personnes qui y ont vécu ou s’y sont rendus pour une première fois juste magique. L’Afrique du Sud ne déroge pas à la règle. Le projet mûrit au fil de belles rencontres comme celle du jour. Marlène est partie s’installer là-bas avec sa petite famille et est revenue en France l’été dernier. Elle m’a raconté son retour d’expatriation avec beaucoup de sincérité lors de notre première rencontre. Une invitation dans Paroles de Blogueuses s’imposait.

Avant de parler de ton retour, peux-tu nous dire quelques mots sur ta dernière terre d’expatriation. Pourquoi l’Afrique du Sud?

J’étais partie en Namibie par hasard. J’avais trouvé un poste là-bas et pendant près de deux ans je me suis imprégnée de ce pays. J’en suis tombée amoureuse, mais j’avais laissé mon conjoint en France. Au retour, je me suis dit qu’un jour je retournerais en Afrique, en Afrique du Sud, en particulier dans la ville du Cap. Lorsque je vivais en Namibie, je suis partie quelques jours au Cap et j’ai eu un vrai coup de coeur pour cette ville. J’ai senti que c’était une ville ouverte avec la possibilité d’évoluer professionnellement et d’avoir des enfants là-bas. Le côté nature me plaisait, le côté ville me plaisait, et l’Afrique reflète pour moi un pays arc-en-ciel comme on dit, très cosmopolite, avec plein de populations, plein d’ethnies, plein de paysages à couper le souffle, des animaux. L’Afrique du Sud c’était pour moi le bout du monde mais une évidence.

Comment as-tu vécu cette seconde expatriation? Etait-elle fidèle à  tes attentes?

Cette fois je partais avec mon enfant et mon mari, donc avec une approche différente de la fois précédente en Namibie. Tout était à recréer, à réorganiser: trouver un appartartement, se faire une nouvelle routine, de nouveaux amis. Il faut être curieux, garder l’esprit ouvert pour découvrir plein de choses. Il faut se préparer à ça, moi je l’étais, mon conjoint aussi mais il n’avait jamais vécu l’expérience de l’expatriation. Du coup on s’est redécouvert tous ensemble. L’adaptation se fait au fil des mois, ça ne se fait pas tout de suite. Il faut prendre ses marques.

On lit beaucoup de conseils pour l’étape qui précède le départ, de nombreux témoignages sur l’expérience sur place mais pas tant que ça sur le retour. C’est précisément le sujet qui m’intéresse. Comment as-tu vécu ce retour d’expatriation?  

Notre retour on l’a réfléchi. Quand on fixe une date, tout se déclenche petit à petit, on réalise de plus en plus. Le jour J est arrivé. On rentre en France. Il y a eu une super euphorie avec nos proches, les personnes qu’on n’a pas vu depuis longtemps. On est content de partager avec les uns, avec les autres. Il y a certaines personnes avec qui on ne partage rien parce qu’il n’y a pas particulièrement de curiosité. Avec certains, la curiosité dure quelques minutes, c’est tout et on passe vite à autre chose. Les premières semaines et premiers mois, c’est super parce que t’as envie de revivre l’expérience vécue au travers des mots, des photos. Et puis au bout d’un moment, au bout de quelques mois, quelques semaines parfois, ça dépend des personnes, eh bien il y a le contrecoup. On se dit OK, maintenant on est rentrés en France, eh bien il va falloir recommencer à zéro, recommencer à avoir de nouvelles habitudes, reprendre ses marques. On se demande ce qu’on va faire de sa vie. Et je crois que c’est ça qui est le plus difficile. La force c’est de pouvoir communiquer si on est heureux, si on n’est pas heureux, nos émotions. Le fait de parler de nos sentiments, le fait de continuer à parler de nos expériences, c’est important. Ce qu’on a fait ce n’est pas rien. Certes la nostalgie s’installe au fil du temps mais c’est important de partager avec la personne avec qui on a vécu ça quand on a la chance de partir à 2, mais aussi avec d’autres personnes qui sont réceptives. Tout le monde ne l’est pas. Il y a certaines personnes qui vont juste demander « Ça va Marlène le retour? » Tu vas bien? C’est hyper rare comme question mais hyper important. Ça compte de pouvoir s’entourer de personnes comme ça avec qui tu sens que tu peux continuer à en parler et que ça ne tombe pas aux oubliettes. Le contrecoup il est là. On est partis de France pour une nouvelle vie en Afrique du Sud et le retour à la case départ est là. Il va falloir vivre autrement cette nouvelle vie en France, se trouver de nouveaux intérêts, rencontrer de nouvelles personnes pour se créer de nouvelles opportunités.

Quels conseils donnerais-tu pour bien vivre le retour d’expatriation?

Le retour ça se prépare. Si t’es pas préparé à rentrer, ça peut potentiellement être compliqué. Il faut se faire une raison et j’essaie de ne pas être trop triste, pas trop nostalgique en me créant une nouvelle dynamique. Joëlle il y a 3 ans je ne t’aurais peut être jamais rencontrée à l’époque où je vivais en France! J’écris sur le blog pour transmettre ma passion de l’Afrique, ma passion des voyages et ce que je découvre. Nous sommes rentrés l’été dernier, quand tout le monde partait en voyage. Ça serre un peu le coeur, on se demande quand va-t’on repartir…

Que conseillerais-tu à l’entourage pour faciliter le retour d’un expatrié?

L’entourage est primordial pour continuer à avancer sur de bonnes bases en France. Les amis, la famille, l’entourage sont importants. On ne les a pas vus pendant des mois et on a tellement envie de leur raconter. Mais parfois on n’ose pas, on n’a pas envie de les embêter. Il y’a parfois une timidité de leur part. Certains n’osent pas nous demander de peur de nous faire peut être de la peine. « Comme ils sont nostalgiques, on ne va pas leur en parler », mais c’est l’inverse en fait. On a besoin de raconter. C’est dur mais ça peu être moins dur en étant accompagné, en sortant avec des amis, en surmontant cette étape avec l’entourage.

Serais-tu prête à repartir un jour et si oui, où?

Oui, je conserve cette envie de partir ailleurs. Pas tout de suite. J’aimerais pouvoir me créer mon bout de chemin professionnel, et peut être dans quelques années repartir dans une ville avec ce côté nature qui est super important pour moi. Mon conjoint rêve du Brésil, moi plus du Canada, soit Vancouver soit Montréal. Le Brésil pourquoi pas, mais d’abord en vacances. Une chose est sûre, j’ai envie de découvrir d’autres contrées donc on verra…


Ton dernier voyage coup de coeur 

Une virée surprise dans la ville de Tromso, en Norvège en décembre dernier. J’ai organisé cette escapade de quelques jours en cachette et la surprise fut grande ! Une virée romantique sous la neige, les étoiles et les aurores boréales et en compagnie de quelques orques et baleines. J’ai adoré, la nature et les animaux m’avaient manqué !

Ton prochain voyage

L’Afrique me manquait…Calors je pars 10 jours en Ouganda en février prochain pour aller rencontrer les gorilles entre autreS. Un vrai rêve d’enfant de pouvoir enfin les rencontrer (du moins j’espère que j’en aurai l’occasion). L’Ouganda est un pays d’Afrique que je ne connais pas encore et j’ai hâte de le découvrir et de me retrouver un peu avec moi-même car je pars sans ma fille et mon conjoint.

Ta plus belle rencontre

Une de mes rencontres les plus marquantes a été avec les chimpanzés que j’ai observé, nourri et « dorloté » lors de mon séjour au Congo en tant que volontaire. C’était il y a déjà 9 ans… mais c’était mon rêve de pouvoir les rencontrer et j’ai passé plus de 5 semaines à leurs côtés. Je vais d’ailleurs parler de cette expérience sur mon prochain article, le premier de cette nouvelle année !

Ton parfum

Depuis que je suis partie en Afrique du Sud, j’ai pris l’habitude de ne plus mettre de parfum. Par contre, je mets du lait pour le corps à base (uniquement) de lait d’amande. J’adore cette odeur !


Ton livre de chevet du moment 

​Je​ viens de commencer le nouveau roman de Raphaelle Giordano. Le titre de ce roman m’a interpellé : « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une« .​ J’adore en ce moment les livres sur le développement personnel et j’espère bien débuter l’année pour continuer à aimer la vie !

Un grand merci à Marlène pour ce partage et l’agréable moment passé toutes les deux. Après le brunch à Saint-Germain des Prés, elle m’a invitée à participer à son projet Portrait de rêveurs à découvrir sur son blog. Je vous en parle bientôt. J’adore l’idée! Avant de se quitter, s’il y a des ex-expatriés parmi nous, comment avez-vous vécu la phase de retour? 

La Girafe Qui Vole

lagirafequivole.com

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8 thoughts on “PDB | Des clés pour réussir le retour d’expatriation, Marlène”

  1. Super article qui reflète vraiment ce qu’on ressent au retour !
    J’ai été expatriée un an au Canada, je suis revenue en juillet 2015 et je repars en février 2016.
    Le retour a été compliqué et comme tu le dis si bien il faut faire de nouvelles rencontres parce que nos anciennes ne sont malheureusement pas toujours en adéquation avec la personne qu’on est devenue. C’est difficile ça fait mal au cœur de se dire qu’on n’a plus rien à dire à quelqu’un avec qui on a pourtant passe tant de temps par le passé. Mais ça fait partie du voyage, de l’expatriation. Si on part cest aussi pour mieux se découvrir soi meme. Alors forcément on découvre de nouvelles facettes qui ne correspondent plus à celle qu’on était avant.

    En tout cas très bel article !

  2. Article qui me parle beaucoup ! Retour en cours, il est encore trop tôt pour moi pour faire un bilan.
    J’essaie par contre de ne pas me dire qu’il faut recommencer à zéro. Pour plusieurs raisons, la principale étant le côté négatif/montagne impossible à franchir que ça implique. Et puis notre quotidien ne sera plus le même qu’avant le départ ! Il est à ré-inventer. Un peu comme un nouveau départ, mais à la « maison » !
    Et moi aussi, j’espère bien pouvoir repartir un jour ! 🙂

    1. J’aime bcp l’idée d’un nouveau départ à la maison. Peut être moins hard à appréhender. Vous revenez riches d’une expérience qui ne peut que nourrir de nouvelles aventures ici me semble-t-il… Vos demains à toutes nous le diront 😉 On se (re)voit quand Laura?! 😀 Je vous embrasse!

  3. C’est marrant, j’ai aussi arrêté de me parfumer en arrivant e n Afrique du Sud ! Besoin de capter toutes les odeurs…ça fait 8 ans et j’espère bien qu’il n’y aura pas de retour en France ! Ce que vous décrivez de votre retour je le ressens déjà très fort quand j’y vais pour de courts séjours….alors non ! Et mon coup de coeur pour l’Afrique du Sud ne s’estompe pas tout en étant lucide sur les difficultés qui existent…
    J’aime bien votre idée du nouveau départ à la maison….
    Je vous envoie un petit bout d’arc en ciel, c’est pluvieux en ce moment.

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